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Terreau à initiatives, chantiers participatifs, essaimage

mercredi 13 mars 2013, par baraka

Contribuer à la réalisation du Facteur 4 et construire ensemble

Notre désir est que Baraka constitue dès sa construction un terreau pour la mobilisation et l’initiative. Notre société souffre de trop d’économie, trop d’argent, trop de rentabilité, d’individualisme et de recherche du profit à court terme. C’est la crise ? Profitons-en, essayons, innovons, avançons. Concilions économie et collectif, rêve et possible.

L’étape de conception a déjà été l’occasion de mobilisation. Un cercle rassemblant les usagers de l’Univers intéressés par le projet se réunit une fois par mois. Deux voyages d’étude ont eu lieu, aux Pays-Bas, ainsi qu’à Landrethun-le-Nord et Grande-Synthe pour découvrir des expériences édifiantes en matière d’éco-construction, de chantiers participatifs ou de bâtiments à mixité fonctionnelle. L’idée est de parvenir à se qualifier collectivement et d’offrir des possibilités d’investissement à des gens qui parfois en manquent cruellement.

C’est aussi, outre l’aspect économique, ce qui nous guide dans la démarche de chantier participatif, strictement encadrée par des centres de formation. Chacun, à condition d’envie et de courage, pourra apporter sa pierre à ce bâtiment : usagers de l’Univers, habitants du quartier ou d’ailleurs, militants comme curieux avec la rétribution d’avoir participé à une belle aventure et d’avoir appris une technique, et découvert la mise en oeuvre de procédés de haute-technologie environnementale, encadrés par des spécialistes français, britanniques et néerlandais.

Par la suite, forts de cette expérience d’auto-construction, pourquoi ne pas envisager de capitaliser la dynamique pour inventer une nouvelle méthode d’auto-réhabilitation ? L’habitat insalubre ou dramatiquement mal isolé et donc cher à vivre, y compris chez les propriétaires habitants ou locataires modestes voire précaires, ne manque ni à Roubaix, ni dans la région. À partir de notre expertise en matière de montage administratif, financier, de notre expertise technique et opérationnelle, il y a une méthode à inventer pour répondre au souhait d’isolation de l’habitat de propriétaires/locataires à revenus insuffisants pour faire appel à des artisans/PME.

On peut imaginer que Baraka, ou une nouvelle émanation juridique, réponde à la demande de propriétaires/locataires volontaires en organisant le diagnostic et le montage technique, administratif et financier des chantiers à réaliser. Clé sine qua non de ce dispositif, l’apport des chantiers participatifs, les propriétaires/locataires demandeurs devenant stagiaires des centres de formations associés pour mener les travaux et se qualifier.

Parmi les opérateurs déjà présents sur le champ de l’amélioration de l’habitat, notre objectif est de travailler les micros-chantiers (une véranda, une pièce mal isolée – souvent le marteau dans les maisons construites entre 1800 et 1930). Ce travail de fourmi ne consistera pas à transformer chaque maison en Passivhaus mais à poser le diagnostic de rénovation/isolation et à réaliser la part des travaux permettant d’améliorer sensiblement la performance énergétique du bâtiment sans se fixer des objectifs impossibles à tenir financièrement. Bref, un travail de fourmi pour réduire les points noirs énergétiques et les factures des particuliers rapidement, en attendant de nouvelles dispositions publiques pour mettre en oeuvre la suite de plan mis en évidence pour chaque bâti par une expertise forte.

Terreau à initiatives

La salle du premier étage sera ouverte à la vie associative et aux initiatives informelles. Avec des règles de réservation, de location à tarif adapté et d’usage claires, elle accueillera expositions, repas de quartier, réunions, permanences, spectacles petit format, projections ou concerts. Elle pourra aussi être louée à d’autres tarifs à des entreprises ou des institutions pour organiser réunions, repas, buffets, séminaires.

Les règles d’usage du jardin sur le toit restent à inventer mais c’est pour le mieux. Suivant les contacts qui seront noués avec une école, les voisins ou telle autre association, l’organisation du jardin trouvera tel ou tel équilibre. Il sera lui aussi un lieu d’expérimentation et de respiration. Accessible aux personnes à mobilité réduite, il sera un lieu de lien intergénérationnel, de mixité et d’ouverture. Le programme architectural prévoit le cadre (accessibilité, implantation de bacs à jardin), l’usage reste volontairement ouvert et flexible. Du café littéraire à la culture de framboises pour confiture, d’herbes aromatiques ou de simples petites productions vivrières (radis, tomates, salades...), tout est envisageable dans le temps.

Nature en ville

Par sa couverture végétale importante (appuis de fenêtres, jardin sur le toit, nichoirs, etc), le bâtiment Baraka contribuera à réintroduire de la nature en ville. Pour les habitants du quartier, de l’extérieur, la perception sera nette. Pour les usagers du bâtiment, le toit jardin et les jardinières-appuis de fenêtres constituent évidemment une occasion de contact avec la nature. Enfin, en terme de biodiversité, en plus des espèces qui ne nous demanderont pas notre avis pour s’installer, nous envisageons à ce stade de programmation quatre éléments :

  • un point de compostage des déchets du jardin et du restaurant, vraisemblablement grâce à nos amis les lombrics.
  • une ruche, sous réserve de l’orientation de l’entrée des abeilles, de la souche des insectes ou un nid de bourbons, inoffensifs.
  • un hôtel à insectes (abeilles solitaires, petites guêpes inoffensives, perce-oreilles…).
  • des nichoirs à oiseaux.