C'est l'histoire de gens à qui on n'a pas dit que c'était impossible.


2008, le projet nait dans une poignée de têtes un soir au bistrot. Le quatrième rapport du Giec sorti en 2007 ne laisse aucun doute sur l'origine du dérèglement climatique... et si on agissait ici maintenant dans un quartier populaire ?

2009, en un an, on est passé à une vingtaine de personnes. En septembre les statuts sont déposés, le préambule est très joli. Baraka sera une société coopérative d'intérêt collectif et son slogan est clair: "une utopie de quartier".


2012, le bâtiment est inauguré en fanfare (et en vidéo) en même temps que le nouveau slogan: "fabrique de biens communs". Dix jours plus tard, des passants mettent nuitamment le feu à des cagettes imprudemment laissées à l'extérieur du bâtiment (re-vidéo). On ferme pour 8 mois, petite dépression du gérant, et on redémarre.

2018, on passe sur plein de péripéties (et quelques vidéos qui racontent la vie du projet sur PublicSénat ou vue par les élèves du lycée Jean Rostand) pour arriver à l'essentiel: juin, on est à deux doigts de mettre la clé sous la porte. Le modèle économique est à réinventer parce que ça fait partie de la vie d'un collectif comme une entreprise de connaître des hauts et des bas, mais surtout parce que les externalités positives que Baraka produit sont insuffisamment rémunérées. N'écoutant que leur projet politique, les sociétaires recapitalisent l'entreprise et convainquent d'autres de le faire. On réinvente le modèle économique, Baraka devient un "tiers-lieu de la transition". Coworking, restau-self, location de salles, location des espaces pro (cuisine et salle) à des tiers... on croise les doigts pointés vers le monde d'après.


Meuble casiers multi-usages pour les coworkers. Dessin Matthieu Marty.